Une femme Batek plie des branchages pour construire un abri dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Rendez-vous en jungle inconnue !

Salut les loulous !

Vous avez envie de vous évader quelques minutes ? Suivez-nous !

Aujourd’hui on vous emmène dans la jungle du parc national Taman Negara en Malaisie ! Nous entamons la deuxième partie de notre mission de volontourisme avec Fuze Ecoteer. Après avoir vécu quelques jours tranquilles dans le village de Merapoh, il est temps de passer aux choses sérieuses. Nous allons partir à la rencontre de la tribu aborigène Batek qui vit dans les environs. Notre objectif est de camper ensemble, et pas n’importe où : dans l’une des forêts tropicales les plus vieilles du monde.

En pleine préparation pour la construction de notre abri dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Dans la jungle, le climat est chaud et très humide. Les conditions idéales sont réunies pour favoriser une rencontre plus qu’intime entre nos mollets tous blancs et les mignonnes petites sangsues qui peuplent les rivières. Les loulous, nous vous confions la mission de bien équiper Mamie Simone. N’oubliez pas de rentrer son pantalon dans ses chaussettes, de lui donner une grande bouteille d’eau, et de changer les piles de sa lampe frontale au cas où elle devrait se lever dans la nuit 🙂

Le peuple de la forêt tropicale

Les Batek font partie de ceux que l’on appelle « Orang Asli » en Malaisie, autrement dit les « Hommes des origines ». Ce peuple aborigène vit dans la forêt tropicale du Taman Negara. Chasseurs-cueilleurs et nomades, ils ont une connaissance impressionnante de la jungle, de ses animaux, mais aussi de ses plantes dont ils se servent pour la cuisine ou encore la médecine. Et même à des fins un peu plus insolites, et que nous étions loin d’imaginer comme le maquillage, l’artisanat et la fabrication d’instruments de musique 🙂

Ka Ching, femme Batek en pleine cueillette dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Les Batek sont pacifiques, et un ensemble de règles définit leur société. Ils rejettent notamment toute notion de droit à la propriété de la terre, ce qui nuit malheureusement à la préservation de leur mode de vie nomade et de leurs traditions. Il y a une vingtaine d’années, le gouvernement malaisien a décidé de donner à chacun d’entre eux une identité légale, leur ouvrant la porte au mariage ou encore à l’éducation.

Peu à peu sédentarisés dans des villages de pierre, les Batek se sont retrouvés dans un monde dont les règles, les droits et les devoirs ne sont pas vraiment les leurs.

Les maisons et bâtiments du village officiel des Batek à l'extérieur du Taman Negara en Malaisie L'école du village officiel des Batek, à l'extérieur du Taman Negara en Malaisie

Le projet de Fuze Ecoteer

Fuze Ecoteer a établi de bonnes relations avec la tribu. L’équipe basée à Merapoh est en charge de différents projets ayant pour objectif de faciliter l’intégration de la communauté Batek dans les villages alentours.

Par exemple, en les aidant à trouver du travail dans les exploitations locales, ou en donnant des cours d’anglais ou de mathématiques aux enfants dans l’unique classe du village. Mais aussi en faisant participer des touristes volontaires dans divers ateliers d’échange culturel. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés dans notre pick-up, à la recherche de la tribu qui a subitement décidé de retourner vivre dans la forêt.

L'équipe de Fuze Ecoteer traversant la rivière avec Empeng, femme Batek, dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Lizzie, notre intermédiaire, a réussi à retrouver leur camp dans la forêt deux jours auparavant et le chef de la tribu lui a promis que les Batek ne se déplaceraient pas pendant « quelques temps ». Seulement les Batek n’ont pas la même notion du temps que nous, et Lizzie redoute désormais qu’ils ne se soient enfoncés plus loin dans le Taman Negara.

Rendez-vous en jungle inconnue

Il faut croire que la chance a joué en notre faveur les loulous ! Dire qu’on a failli arrêter l’article ici 🙂 Alors que nous marchons dans la forêt en direction du supposé camp, nous commençons à entendre des voix, des rires, des chants. Puis nous voyons des habits en train de sécher, étendus aux branches des arbres. Ainsi que des scooters ! Et oui, les plus jeunes Batek sont influencés par la société moderne et adorent faire l’aller-retour jusqu’à leur village officiel sur leurs deux-roues. Lorsque nous arrivons enfin au camp, toute la tribu est là !

Première surprise, les Batek sont très timides devant les étrangers. Si Atan, le chef, nous accueille avec le sourire et une poignée de main, le reste de la tribu semble ne pas oser nous regarder. Les jeunes se regroupent au fond, nous observent, parlent entre eux, sourient et nous font coucou de la main. Ce ne sera que lorsque nous quitteront le camp qu’ils oseront enfin nous lancer des « Hello! » plus téméraires 🙂

Avec la belle Empeng, membre de la tribu Batek dans le camp de la tribu à l'entrée du Taman Negara en Malaisie

Nous repartons donc une fois que Lizzie a obtenu l’accord de Chan Lin, l’aînée de la tribu : cinq femmes Batek nous escorterons dans la jungle du Taman Negara, leur « jardin », le lendemain. Elles nous montreront comment construire un campement traditionnel et comment utiliser les différentes plantes et arbres de la forêt. Mais avant de partir, nous ne manquerons pas de géolocaliser le campement avec une balise GPS afin de retrouver le chemin rapidement le jour suivant !

Coquette comme une Batek

Au petit matin, notre groupe retrouve Chan Lin accompagnée de Kachong, Empeng, Kejai et Salina. Les quatre premières auraient presque l’âge de prendre un thé avec Mamie Simone, et la dernière semble largement être leur cadette. Les plus anciens Batek ne connaissent pas vraiment leur âge, mais Chan Lin sait qu’elle est l’aînée « parce qu’elle était là avant les autres ».

Nos cinq guides se sont apprêtées pour notre rencontre et portent des bijoux végétaux magnifiques dans les cheveux et aux oreilles. Et les Batek n’ont pas fini de nous surprendre ! Alors que nous nous enfonçons dans la forêt tropicale, Aïn, l’anthropologue malaisienne qui nous accompagne, nous traduit leurs conversations.

Chan Lin, femme Batek en train de couper des feuilles à la machette dans la jungle du Taman Negara en Malaisie Bijou végétal batek dans les cheveux de la belle Kejai dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Elles sont littéralement en train de se chamailler, n’arrivant pas à se mettre d’accord sur l’endroit où nous allons dormir. Si certaines veulent camper au bord de la rivière pour pêcher et prendre un bon bain, les autres ont peur que nous mourrions tous dans notre sommeil, écrasés par les arbres que la pluie pourrait abattre ! On aurait préféré ne pas avoir la traduction :p

En train de rincer les feuilles qui nous serviront d'assiettes au bord d'une rivière du Taman Negara en Malaisie Les ingrédients de notre dîner dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Les loulous, essayez d’imaginer la scène : nous, trempés par la sueur et l’humidité de la jungle, nos gros sacs sur le dos, manquant de glisser par endroits sur les roches humides… Et juste devant, ces cinq femmes qui nous escortent pieds nus et machette à la main, cueillant au passage diverses plantes et branches, et se disputant pour savoir où elles vont établir le campement ! 😀 Une heure plus tard, nos guides sont enfin tombées d’accord ! Question de priorités, nous dormirons au bord de la rivière. Quitte à mourir, autant avoir pris un bon bain avant 🙂

En train de construire l'abri dans la jungle du Taman Negara en Malaisie en compagnie d'Empeng, femme Batek Notre abri pour la nuit dans la jungle du Taman Negara en Malaisie, vue de dessous

Durant toute la journée, les Batek vont nous initier à la cueillette et à l’utilisation des plantes : des longues feuilles de palmier que nous utiliserons pour construire notre abri, aux bambous qui serviront à fabriquer des peignes ou dans lesquels nous cuirons notre dîner à l’étouffée, sur le feu allumé par Chan Lin. Sans oublier les lianes, qui serviront à fabriquer des paniers pour transporter des herbes médicinales au village.

L'un des noeuds végétaux soutenant notre abri dans la jungle du Taman Negara en Malaisie Noeud végétal dans notre campement dans la jungle du Taman Negara en Malaisie Notre abri pour la nuit, dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Force est de constater que les Batek, à des années-lumières de notre culture, sont toutes aussi coquettes que les femmes de notre société. Elles ont même pensé à amener des robes de rechange après leur bain du soir dans la rivière. Et le lendemain matin, avant de retourner au camp, elles montreront à Solenne comment se maquiller avec les racines de la forêt. On vous l’accorde, chez nous, ça ferait peut-être un peu jaunisse… Mais à cet instant précis, dans cet endroit improbable, elles étaient toutes vraiment très belles.

Session de maquillage avec les Batek au petit matin, dans la jungle du Taman Negara en Malaisie Maquillée comme une Batek dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Quelques chiffres…

10 euros : les trois peignes fabriqués dans de l’écorce de bambou et décorés à la main par nos amies Batek. Rien de mieux qu’un bijou végétal pour impressionner vos amis bobos lors d’une soirée vegan 😉

DES MILLIERS : de souvenirs que nous garderont de cette aventure avec les Batek, en espérant fort qu’ils continueront de retourner dans leur beau jardin qu’est la jungle du Taman Negara

L’anecdote

Beaucoup d’entre vous nous ont demandé si nous avions eu peur de passer la nuit dans cette forêt tropicale peuplée de tigres, de serpents ou autres araignées. Pour être honnêtes avec vous, nous avons surtout vu des fourmis et des mouches, et entendu des singes nous taquiner du haut des arbres. Il semblerait que la plupart des animaux soient effrayés par l’homme, cet être si bruyant et malodorant 🙂

Du moment où nous sommes entrés dans la jungle, jusqu’à ce que nous en ressortions le lendemain, nous nous sommes sentis en sécurité totale en compagnie des Batek. Nous avons eu l’impression d’être des enfants accompagnés de leurs grands-parents pour une promenade dans les bois.

Les Batek croient aux déités et aux esprits de la forêt qu’ils craignent et respectent, tout comme les animaux qui y vivent. Ces petits bouts de femmes, capables de construire un abri à partir de feuilles, d’allumer un feu, ou de pêcher en pleine nuit avec des cannes improvisées, dégainaient leur lampe torche en direction du moindre bruit suspect !

Après le dîner, Chan Lin fabriqua une guitare végétale dont elle tressa les cordes à partir de la fibre de grandes feuilles ! Malgré leurs peurs, les Batek se sont relayées toute la nuit pour surveiller le feu et notre camp, chantant dans une langue oubliée sur des airs qui nous étaient inconnus, accompagnées du brouhaha incessant de la jungle. Ce fut la plus belle des berceuses qui nous ait endormis. Celle de la forêt, celle qui on l’espère, ne s’arrêtera jamais.

Empeng, femme Batek traverse une rivière dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Singe des neiges au bord d'un onsen dans la vallée Jigokudani au Japon

Ninja, singes et matcha à Nagano !

Salut les loulous !

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Aujourd’hui, on vous emmène au Japon à Nagano ! Nous qui adorons le Japon et le considérons comme notre deuxième maison, nous n’avons jamais été dans cette petite ville des Alpes Japonaises, surtout connue pour avoir accueilli les Jeux Olympiques d’hiver de 1998.

Mais c’est également dans les environs de Nagano qu’une forme de Ninjutsu, l’art martial ninja, a été élaborée il y a des siècles et vous pouvez compter sur Meryll pour essayer de se frotter au maître ninja de la ville et à son élève, et bien sûr de s’incliner lamentablement face à eux 🙂

Nous en profitons également pour nous rendre à Jigokudani, la vallée de l’enfer, qui abrite une colonie de macaques que l’on dit la seule au monde à vivre autant au Nord ! Et ces singes taquins profitent des sources d’eau chaude des alentours, appelées onsen, pour se réchauffer toute la journée. À les voir barboter ainsi, on a presque l’impression qu’ils narguent les visiteurs transis et emmitouflés dans leurs parkas d’hiver.

Pour finir, nous nous sommes inscrits à un cours de préparation traditionnelle du thé matcha. C’est délicieux et on ne l’apprécie que mieux après s’être promené toute la journée dans le froid hivernal 🙂

Van russe parcourant la steppe en Mongolie

Mongolie : Le voyage d’une vie !

Salut les loulous !

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Aujourd’hui on vous emmène en Mongolie, et nous allons partir pour un road trip de 12 jours avec nos amies Karen et Julia ainsi que Dorj, notre guide à toute épreuve. Ensemble, nous allons partir d’Oulan-Bator pour rejoindre le fameux désert de Gobi au sud du  pays. Ce voyage, durant lequel nous dormirons uniquement dans des yourtes chez les nomades et nous ne nous laverons que deux fois, nous permettra de découvrir des endroits reculés de la steppe et du désert.

Nous nous émerveillerons devant des paysages grandioses et différents chaque jour, montant à cheval dans la steppe aux alentours de la cascade d’Orkhon, ou à dos de chameau dans les dunes de sable de Khongoryn Els.

Ce voyage éprouvant et émouvant nous aura permis de nous imprégner toujours plus du mode de vie nomade et des coutumes mongoles. Il nous marquera à jamais à tel point que nous l’avons appelé le voyage d’une vie.

Une femme d'une minorité ethnique vêtue de sa tenue traditionnelle dans une rue de Lijiang dans le Yunnan en Chine

Les villes historiques de Dali et Lijiang

Salut les loulous !

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Aujourd’hui on vous emmène au fin fond de la province du Yunnan en Chine. Nous allons visiter ensemble les villages historiques de Dali et Lijiang ainsi que leurs alentours. On va en prendre plein les yeux avec de belles pagodes, le lac Erhai ou encore le Black Dragon Pool. Mais surtout, ce sera l’occasion de découvrir le mode de vie et l’artisanat des minorités ethniques locales comme les Yi, les Bai ou les Naxi.
Et alors que nous quittons le Yunnan la tête pleine de souvenirs, nous vous montrons également son visage moderne alors que nous sommes en route vers la gare pour de nouvelles aventures !

Assis seuls sur les galets au bord d'une rivière dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Volontourisme dans la jungle à Merapoh

Salut les loulous !

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Aujourd’hui on vous emmène à Merapoh, un petit village perdu au beau milieu de la péninsule de Malaisie, à l’Ouest du Taman Negara. Ce parc national abrite l’une des plus anciennes forêts tropicales du monde ! Vous vous rendez compte les loulous ? Il y a des hommes qui habitent à quelques kilomètres d’une forêt vieille de plus de 130 millions d’années et nous partons à leur rencontre dans le cadre d’une mission de volontourisme !

Merapoh, l’endroit idéal pour éviter de croiser votre patron en vacances !

On vous voit venir avec vos questions ! Comment avons-nous fait pour nous retrouver dans un endroit aussi reculé et peu touristique ? Et surtout, pourquoi y sommes-nous allés ? Avons-nous dû défricher des sentiers à la machette pour trouver l’entrée du village ?

Pas de panique, ou vous allez nous affoler Mamie Simone ! On va tout vous expliquer pour que vous puissiez, si vous en avez l’envie, tenter l’expérience à votre tour 😉

Le volontourisme, c’est quoi ?

Excellente question les loulous ! Imaginez que vous partez en voyage, dans votre pays ou à l’étranger, et que vous en profitez pour participer à un projet de développement durable, et y contribuer financièrement. Et bien c’est l’idée derrière le volontourisme.

Il peut paraître cynique qu’un bon nombre de ces projets soient nés afin de lutter contre les effets néfastes du tourisme de masse. On sollicite des touristes volontaires pour contribuer à des actions visant à minimiser ou annihiler l’impact négatif de la venue d’autres touristes !

Vue sur la forêt tropicale du Taman Negara à Merapoh en Malaisie
Petit aperçu de déforestation aux alentours de Merapoh

Pour commencer, il faut s’inscrire auprès d’une association ou d’une société commerciale en charge de l’un ou de plusieurs de ces projets à caractère caritatif, écologique ou communautaire. Une fois le dossier validé, on pourra participer au projet choisi pendant plusieurs jours ou semaines, moyennant une cotisation plus ou moins élevée.

De plus en plus de voyageurs pleins de bonne volonté sont tentés par  ce genre de tourisme alternatif, alors que d’autres seront réticents à l’idée de devoir « payer » pour avoir le droit de « travailler » en vacances. En partageant notre expérience avec vous, nous espérons que cela vous aidera à y voir plus clair sur le sujet !

La mission de Fuze-Ecoteer à Merapoh

En parcourant notre Lonely Planet, nous sommes tombés sur l’adresse du site de Fuze Ecoteer. Cette société est responsable de différents projets en Malaisie, Indonésie et au Sri-Lanka. Notre intérêt s’est porté immédiatement sur les activités de conservation de la faune et de la flore et de protection de la tribu aborigène Batek menées à Merapoh.

Tout d’abord, nous y avons vu l’opportunité de passer plusieurs jours dans un village de Malaisie, en pleine immersion parmi les habitants et leurs coutumes. Nous nous sommes également imaginés marcher dans la jungle et suivant la piste d’animaux sauvages. Bon ok, on a peut-être un peu trop rêvé sur ce coup-là 🙂

Dans la forêt tropicale du Taman Negara à Merapoh en Malaisie Lianes dans la forêt tropicale du Taman Negara à Merapoh en Malaisie Concours de Tarzan au-dessus de la rivière dans la forêt tropicale du Taman Negara à Merapoh en Malaisie

Mais surtout, nous qui nous émerveillons très souvent devant « Rendez-vous en terre inconnue », nous y avons vu la chance de rencontrer une tribu aborigène, échanger avec eux, mais également comprendre quel est l’impact de la mondialisation et du tourisme sur leur mode de vie. Nous reviendrons en détail sur ce troisième point dans un prochain article !

Nous sommes arrivés le coeur fébrile à Merapoh. L’équipe de Fuze Ecoteer, composée d’Aïn,  Malaisienne, de Lizzie et Helen, Anglaises, et d’Odile, Française, a été très accueillante. Dès notre installation dans leur appartement au village, nous avons eu l’impression de faire partie de la famille.

Avec l'équipe de Fuze Ecoteer dans le Taman Negara en Malaisie

Une communauté, dans laquelle chacun a ses tâches : ménage, cuisine, courses, réseaux sociaux et communication… Le staff, jeune et motivé, nous a également semblé très compétent dans leur domaine : chacune parle le Malais, et a un domaine d’expertise comme la zoologie, l’anthropologie, le dialecte Batek ou encore le marketing. Et oui, il faut bien qu’ils fassent un peu de pub pour attirer de nouveaux volontaires 😉

Rencontre avec les habitants de Merapoh

Malheureusement, Helen avec qui nous aurions dû partir en mission de géolocalisation dans le Taman Negara, a eu une forte fièvre pendant trois jours… Passée la déception de nos rêves d’aventuriers envolés, nous nous sommes largement rattrapés en compagnie des habitants de Merapoh.

En Malaisie avec les habitants de Merapoh lors du Hari Raya

Nous avons passé la première soirée chez nos voisins, avec lesquels nous avons préparé un succulent dîner Malaisien ! Malgré la barrière de la langue, vous vous doutez que les gourmands que nous sommes ont adoré cette expérience culinaire faite de petits plats bien épicés à base de poulet, de poisson d’eau douce et de légumes.

Nous avons également appris quelques coutumes. Lorsque l’on rentre dans une maison en Malaisie, on va serrer la main du chef de famille et on salue ensuite sa femme, sans lui serrer la main. Il est également important de se laver les mains avant le repas, puisque l’on mangera exclusivement avec sa main droite. Et puisque nous trouvions qu’il y avait un peu trop de mains dans cette histoire, nous avons fini la soirée en jouant au foot avec les enfants 😉

Le lendemain, la famille nous a invités à les rejoindre au Hari Raya, la cérémonie organisée par le village pour célébrer la fin du ramadan. Dès 10 heures du matin, les habitants du village se sont réunis pour un festin où nous avons retrouvé tout ce que nous aimons dans la cuisine Malaisienne : cendol, lakhsa, curry, piment, coco, et autre nasi goreng…  Après que chaque enfant ait reçu un cadeau offert par le village, les adultes ont commencé un concours de karaoke qui a animé l’intégralité du déjeuner !

Concert lors du Hari Raya à Merapoh en Malaisie Un lakhsa et des gâteaux de riz lors du Hari Raya à Merapoh en Malaisie

Et petit détail pour vous, mais qui veut dire beaucoup pour nous : il aura fallu que nous arrivions à Merapoh, au beau milieu de la Malaisie, pour nous retrouver assis à une table VIP pour la première fois de notre vie 🙂

Baignade improvisée en pleine jungle

Plusieurs heures plus tard et le ventre bien rempli, nous avons pris un pick-up direction le Taman Negara. À défaut de partir à la recherche de pièges de braconniers, nous avons profité de l’après-midi tous ensemble au bord d’une rivière, en pleine jungle, à jouer aux cartes et nous balancer aux lianes, provoquant les nombreux singes dont les cris résonnent partout dans la forêt.

Sur la route du Taman Negara à Merapoh en Malaisie Repos au bord de la rivière dans la forêt tropicale du Taman Negara à Merapoh en Malaisie

Et nous avons retenu deux leçons de cette excursion insolite : la première, c’est qu’il ne faut pas avoir peur d’être décoiffé quand on s’asseoit à l’arrière d’un pick-up. Et puis c’est une très mauvaise idée de traverser une rivière avec des tongs aux pieds. Mais ne vous moquez pas de nous les loulous ! N’oubliez pas que dans volontouriste il y a… touriste ! 😉

En Malaisie, ça décoiffe à l'arrière d'un pick-up ! Traverser la rivière dans la forêt tropicale du Taman Negara à Merapoh en Malaisie

Le soir, nous avons pris des forces en mangeant une délicieuse salade de papaye accompagnées de crêpes de viande appelées Murtabak au marché de nuit de Gua Musang, la ville la plus proche de Merapoh. Et il nous fallait faire le plein d’énergie les loulous, puisque nous partions dans la jungle à la rencontre des Batek le lendemain de bonne heure. Mais ça, on vous le racontera dans l’article suivant ! 😉

Le marché de nuit de Gua Musang en Malaisie

Quelques chiffres…

330 euros : Le séjour volontourisme 4 jours et 3 nuits à Merapoh avec Fuze Ecoteer pour deux personnes. Comprend le logement, les repas, les activités, et le brushing maison à l’arrière du pick-up !

11,30 euros : Le bus qui vous emmènera de Kuala Lumpur à Gua Musang. Ensuite il faudra que l’on vienne vous chercher, en pick-up justement 😉

3,20 euros : Un dîner pour deux au marché de nuit de Gua Musang. Au menu, salade de papaye très pimentée, délicieuses crêpes de boeuf et bananes pour le dessert. Nous, on en mangerait tous les soirs !

GRATUIT : La baignade dans la rivière. Attention aux sangsues les loulous. Pour elles, ce sera open bar 🙂

L’anecdote

En conclusion, nous aimerions vous donner notre avis sur cette expérience de volontourisme. Si on met de côté notre rencontre avec les Batek, que nous vous raconterons dans un article complet, vous remarquerez que nous n’avons pas vraiment contribué aux projets de Fuze Ecoteer.

Il faut prendre en compte bien sûr la fièvre subite d’Helen, qui était en charge de la géolocalisation des animaux et des pièges de braconniers. Et au final, nous garderons un excellent souvenir de ces quatre jours à Merapoh et de l’accueil formidable de ses habitants.

Certains pourraient penser s’acheter des activités de vacances en participant financièrement à une mission de volontourisme… et risqueraient d’être fort déçus.

En payant pour un séjour de volontourisme, vous contribuerez au bon fonctionnement de la société ou de l’association que vous aurez choisie. Vous enrichirez sûrement quelques personnes mais surtout, vous faciliterez la réalisation de projets de développement durable.

Mais n’oubliez pas que même si vous êtes censés interagir avec des animaux sauvages ou des personnes dans le cadre du projet que vous avez choisi, vous ne pourrez pas être certains que l’interaction aura lieu telle que vous l’avez rêvée en vous inscrivant à ce projet ! Dans tous les cas, le volontourisme vous sensibilisera à des sujets importants comme l’écologie, l’environnement, l’éducation ou la conservation des traditions.

Des fidèles prient dans un temple bouddhiste de Chinatown à Singapour

Découverte du quartier de Chinatown à Singapour

Salut les loulous !

Vous avez envie de vous évader quelques minutes ? Suivez-nous !

Aujourd’hui on vous emmène à Singapour. La première étape de notre voyage de 6 mois en Asie et Océanie… Ce nom était pour nous synonyme d’exotisme, de port du bout du monde, de mystère. Singapour nous aura fait rêver dès la préparation de notre voyage, mais surtout pendant les 5 jours où nous aurons arpenté, munis de nos tongs dans la moiteur du mois de Juillet, cette jungle mi-urbaine, mi-végétale.

Un building de Singapour envahi par la végétation A Singapour, la jungle est urbaine mais aussi végétale !

Des quartiers aux ambiances différentes

Quand on pense à Singapour, on s’imagine en train de siroter un cocktail tout en se rafraîchissant dans la piscine à débordement du Marina Bay Sands, face au soleil se couchant derrière les impressionnants gratte-ciels. Seulement les loulous, cela aurait été sensiblement au-dessus de notre budget, sachant qu’il faut être client de l’hôtel pour accéder à ce privilège.

La vue sur la baie de Singapour et les gratte-ciels depuis le Marina Bay Sands Le grandiose Marina Bay Sands éclairé de nuit dans la baie de Singapour

Ce qui nous a le plus surpris en arrivant à Singapour, c’est la mixité des habitants de la ville, qu’ils soient d’origine malaisienne, indienne, chinoise ou expatriés. Cependant, chaque communauté vit dans un quartier qui lui est propre, avec son style, son architecture, sa cuisine et sa culture, sans trop empiéter sur les autres. Nous avons adoré nous perdre dans chacun d’entre eux, avec l’impression d’être tantôt dans une ville indienne, en version (trop) aseptisée, tantôt dans le quartier touristique d’une grande ville chinoise dont la population aurait été réduite de moitié.

Une rue colorée du quartier de Little India à Singapour Une rue animée du quartier de Chinatown à Singapour Des poupées typiques du quartier de Chinatown à Singapour

Et c’est justement là que nous vous emmenons les loulous ! Nous avons choisi de dormir dans le quartier de Little India où sont basés les guesthouses et backpackers bon marché et voulons nous rendre à Marina Bay. Nous sommes motivés, il fait beau, nous décidons donc d’y aller à pied depuis notre guesthouse. Ne vous inquiétez pas, on sait ce qu’on fait, les deux quartiers ne sont qu’à 6 kilomètres l’un de l’autre ! Et puis on adore marcher : c’est le meilleur moyen de comprendre une ville et en découvrir ses secrets 🙂

Notre itinéraire à pied : de Little India jusqu’au Marina Bay Sands, en passant par Chinatown

Pause culturelle et gastronomique à Chinatown

À mi-chemin se trouve le quartier de Chinatown. D’un commun accord, nous décidons de nous y aventurer. D’une, parce qu’il y a un très beau temple bouddhiste dans lequel est exposée la relique d’une dent de Bouddha. Et de deux, parce qu’on vient de passer l’heure du déjeuner, et que Meryll y voit l’occasion de manger quelques spécialités culinaires chinoises. Et il ne déconne pas avec ces choses-là 🙂 Ça sera l’occasion de goûter les premiers Dim Sum de notre voyage : vous savez, ces grosses brioches vapeur légèrement sucrées et souvent fourrées de viande hachée mélangée à des épices.

La première rencontre de notre voyage, dans le quartier de Chinatown à Singapour L'un des nombreux food courts de Singapour où l'on peut goûter aux spécialités des différentes cuisines du pays

Bon, on va être honnêtes avec vous : nous n’avons pas vu la relique de la dent de Bouddha. Mais ce qui nous a impressionnés, c’est de pouvoir observer une cérémonie bouddhiste et être les témoins de la ferveur des fidèles. Les dorures et statues, les chants au rythme des percussions ainsi que l’air chaud mêlé aux odeurs de street-food… Il n’y a plus aucun doute possible : notre périple vient de commencer !

La prière dans le temple de la relique de la dent de Bouddha à Singapour Une statue de Bouddha dans le temple de la relique de la dent de Bouddha à Singapour

Histoire de finir sur une note d’exploration culinaire, Meryll a décidé de goûter une patte de poulet. C’est un mets classique en Chine, et le goût n’a rien de bien particulier. Mais la texture, entre cartilage et petits os, aurait de quoi faire fuir le dentier de Mamie Simone au fond de sa gorge ! À essayer pour les plus curieux d’entre vous, mais en ce qui nous concerne, nous ne tenterons pas forcément d’en cuisiner à la maison à notre retour ! Dans tous les cas, vous pourrez vous délecter de cette expérience inoubliable en regardant la vidéo en haut de page 🙂

Quelques chiffres…

110 euros : les 4 nuits à The Inncrowd dans le quartier de Little India, 2 lits en dortoir de 8 avec douche commune en bon état.

253 euros : le prix minimum d’une nuit pour 2 dans une chambre du Marina Bay Sands. C’est sûr, c’est un peu plus chic 🙂

15,40 euros : pour monter jusqu’au Skypark, la plateforme d’observation du Marina Bay Sands, et profiter de la vue.

0,50 euros : les 2 bananes, histoire d’avoir des fruits au petit-déj. La confiture chimique à la fraise de la guest house c’est pas top quand même 🙂

1,27 euros : le ticket de métro pour aller de Bugis jusqu’à Marina Bay, si vous préférez les transports en commun.

0,33 euros : la grande bouteille d’eau, parce qu’il fait super chaud et que vous aussi, vous allez transpirer comme des boeufs.

GRATUIT ! La visite du temple de la relique de la dent de Bouddha ne vous coûtera pas un centime et on vous prêtera une écharpe pour couvrir vos petites épaules rougies par le soleil.

1,33 euros : les trois gros Dim Sums fourrés à la viande et aux épices et achetés dans la rue à Chinatown. Ils sont bons, ils sont beaux, ils sont chauds !

0,66 euros : la patte de poulet achetée dans la rue à Chinatown. Pour le dessert ou simplement satisfaire la curiosité de vos papilles. À ce prix-là, c’est donné ! On vous dit ça, on vous dit rien… 😉

L’anecdote

Comme on vous le disait plus tôt, nous avons trouvé les rues de Singapour presque trop propres ! C’est relativement surprenant, notamment en Asie du Sud-Est, et ça nous a fichu une sacrée honte lorsque nous avons marché en ville à notre retour en France…
La différence est en grande partie due aux nombreuses lois et interdictions locales, ainsi qu’aux punitions et amendes qui en découlent.

Il est par exemple interdit de cracher ou de jeter un mégot de cigarette par-terre. Il est aussi interdit de mâcher du chewing-gum à l’extérieur.

Plus embêtant les loulous, il est interdit de manger et de boire dans le métro. Un soir, on a failli payer une amende quand Solenne a voulu boire de l’eau par réflexe, et surtout parce qu’il faisait chaud !

Et le plus curieux pour la fin ! Connaissez-vous le durian, ce fruit que l’on trouve dans toute l’Asie du Sud-Est et qui sent vraiment mauvais pour nous, occidentaux ? Et bien il est formellement interdit d’en emmener un dans les transports en commun et dans les hôtels ! Un peu comme si en France, on faisait payer une amende salée à Mamie Simone qui monte dans le bus après ses courses avec un bon vieux munster dans son sac… Une loi difficile à mettre en place chez nous, qu’en pensez-vous ? 😉

Hommes âgés Toraja lors d'une cérémonie funéraire

Choc culturel à Tana Toraja

Salut les loulous !

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Aujourd’hui on vous emmène en Indonésie sur l’île de Sulawesi. Anciennement appelée Célèbes, cette île est principalement connue pour ses plages paradisiaques au Nord, mais également pour ses ethnies. Les Toraja vivent dans une région montagneuse du Sud de l’île, à une dizaine d’heures de route de l’aéroport de Makassar.

Nous nous sommes installés pour quelques jours à Rantepao, la capitale du « Pays Toraja » ou Tana Toraja dans la langue locale. Nous avons décidé de louer des scooters et visiter en long, en large et en travers ces lieux connus pour leurs spécificités culturelles.

Après une première journée intense, nous faisons une pause dans un petit hameau. C’est alors que Markus se présente à nous. Il est Toraja et guide local indépendant. D’habitude, nous aurions coupé net la conversation, mais l’homme a l’air sympathique et inspire la confiance. Il nous propose de passer dans son bureau en ville le soir, si nous voulons assister à une cérémonie funéraire Toraja le lendemain. Il est donc possible de se mêler à une famille en deuil alors que nous sommes de parfaits étrangers et tout le monde trouvera cela normal ?

Cercueil Toraja lors d'une cérémonie funéraire

Dans son petit bureau, Markus nous explique le déroulement de la journée et distille les informations. Le coût de la prestation s’annonce dérisoire, les explications du guide sont riches et détaillées. Nous acceptons donc de le retrouver le lendemain au même endroit.

Il nous conseille de nous vêtir de noir ou de couleurs neutres par respect, et nous demande un petit extra afin d’acheter un cadeau pour la famille. Des cigarettes aux clous de girofles. Les Toraja en raffolent. Nous nous demandons encore comment ils font pour ne pas vomir. Dernier détail, et non des moindres : nous serons invités pour le repas. Markus promet une grande fête et beaucoup de buffles sacrifiés qui nourriront les nombreux invités.

Buffle sur le point d'être sacrifié lors d'une cérémonie funéraire Toraja
Nous retrouvons Markus à 6 du mat’. Après une bonne heure de scooter dans les montagnes nous arrivons dans un village. Notre guide n’avait pas menti, des centaines de personnes sont présentes. Certaines viennent avec des buffles qui vont être sacrifiés en hommage au défunt. Nous sommes les seuls étrangers, nous nous sentons vraiment petits. Que faisons-nous là ?

La fille et le fils du défunt viennent à notre rencontre, souriants, et nous souhaitent la bienvenue. Nous leur offrons le fameux cadeau, et ils nous demandent de venir nous installer car la cérémonie va commencer. Ou plutôt reprendre, car elle s’étale en général sur plusieurs jours. Nous en sommes au deuxième, sans doute le plus éprouvant puisque le plus grand sacrifice d’animaux aura lieu aujourd’hui.

Hommes âgés Toraja lors d'une cérémonie funéraire
Les invités sont rassemblés dans des gradins construits autour de la place du village. Chaque gradin est numéroté afin que les vivants soient placés en fonction de leur proximité avec le défunt. On nous apporte café, thé et biscuits et chaque interlocuteur est vraiment accueillant.

Sur la place se trouvent un caméraman et un présentateur muni d’un micro. Ce dernier sera en charge d’animer la cérémonie. Quant au caméraman, il filmera le tout afin que les futures générations puissent hériter d’un souvenir de leur aïeul, et ainsi se rappeler qu’ils appartiennent à une grande et riche famille.

Markus nous explique que plus une personne était riche et puissante de son vivant, plus on sacrifiera de buffles. Les Toraja pensent qu’ils accompagneront ainsi le mort dans l’au-delà et qu’il y occupera alors un rang important. La personne que l’on enterre aujourd’hui était un fortuné professeur d’université, et pas moins de seize buffles l’accompagneront pour son dernier voyage.

Buffle sur le point d'être sacrifié lors d'une cérémonie funéraire Toraja
Alors que le sacrifice va commencer, la tension est palpable. Nous sommes vraiment stressés. Dans notre monde occidental, confortable et aseptisé, nous ne sommes pas exposés ainsi à la mort, qu’il s’agisse d’un être humain ou d’un animal. Nous ne réfléchissons que trop rarement à l’origine du steak qui se trouve dans notre assiette. Le « spectacle » est difficilement supportable.

Le speaker décide de l’ordre dans lequel les buffles vont être égorgés, du plus excité au plus calme. Les jeunes hommes en charge sont des professionnels qui seront rémunérés avec la peau ou la viande des bovins. Nous avons l’impression d’être les témoins d’un carnage en public. Nous détournons le regard. Eprouvés, nous décidons de nous absenter du village quelques heures, le temps de nous changer les idées.

Famille Toraja lors d'une cérémonie funéraire
Nous revenons au village deux heures plus tard en compagnie d’un Markus qui se lèche déjà les babines. Nous n’avons vraiment pas faim mais nous n’y échapperons pas. La famille nous invite dans leurs gradins pour partager le repas avec eux. On nous sert un plat copieux à base de riz, d’épinards sauvages, de piments et… de foie de buffle frais ! Ce n’est pas mauvais, mais nos estomacs sont toujours retournés. Le speaker s’est mué en animateur pour la suite, alors qu’il offre à chaque gradin des pièces de viandes différentes, toujours en fonction de la proximité des gens avec le défunt.

La fille de celui-ci nous demande de prendre le cercueil en photo. Son père adorait voyager et pour elle ce serait une façon de l’emmener en Europe avec nous. La famille entière, des anciens aux enfants, échange avec nous sourires complices et quelques mots que Markus nous traduit. Nous sommes mêmes invités à aux funérailles de l’épouse du défunt, qui auront lieu l’année suivante.

Le temps pour eux d’organiser une nouvelle cérémonie et de réunir l’argent nécessaire. Ce qui veut dire qu’en attendant, le corps sera conservé dans la maison familiale. Nous n’aurons pas l’occasion de revenir, et puis nous, on aime bien les grands-mères bien vivantes et ferventes lectrices de notre blog ! Comme Mamie Simone !

Enfants d'un village Toraja lors d'une cérémonie funéraire

Malgré la différence et le choc des cultures, et en ce jour si particulier pour eux, nous avons été accueillis comme des rois par les Toraja. Rien ne les y obligeait, pas même les cigarettes offertes à notre arrivée. Il y a tant de souvenirs et de choses à dire sur ce peuple intriguant et fascinant, que nous lui consacrerons un nouvel article très bientôt.

En attendant, nous prenons congé de nos hôtes, alors que la cérémonie bat son plein. Nous voulons leur laisser l’intimité de l’instant où ils accompagneront leur proche vers sa dernière maison, alors que les cornes des buffles sacrifiés, symbole de sa richesse terrestre, seront empilées tel un totem devant celle où il résidait de son vivant.