Asie

Les enseignements d’un long voyage

Les enseignements d'un long voyage en 9 étapes !

Salut les loulous !

Cela fait maintenant trois mois que nous sommes de retour en France, après plus de six mois à travers l’Asie et l’Océanie. Depuis, vous avez été nombreux à nous demander si ce voyage avait changé notre façon de voir les choses, et quelles leçons nous avions pu en tirer.

Avant d’écrire cet article pour répondre à votre question, nous avons dû entreprendre un travail préliminaire sur nous-mêmes et faire le point sur cette aventure. Ces 196 jours sont riches en souvenirs intenses, en moments incroyables, mais aussi un peu difficiles parfois. Ils sont parsemés de rencontres inoubliables, d’émotions décuplées et de quelques remises en question.

Nous avons retenu neuf enseignements, soit autant de pays et territoires que nous avons visités. Les loulous, nous ne prétendons pas détenir LA vérité. Ces leçons vous paraîtront peut-être évidentes. On vous répondra qu’elles nous montrent qu’au final, le voyage est simple et à la portée de tous.

Et surtout, que la vie est faite de voyages.

Singapour : le début de l’aventure

Vue panoramique sur la baie de Singapour depuis le Skydeck du Marina Bay Sands au coucher de soleil

Notre arrivée à Singapour a pris un parfum de vacances dès lors que nous avons enfilé nos t-shirts en mérinos et nos tongs. Les derniers jours avant notre départ se sont enchaînés très rapidement, et il nous aura fallu quelques jours sur place et un coucher de soleil magnifique depuis la plateforme d’observation du Marina Bay Sands pour nous en rendre compte : le long voyage dont nous rêvions, NOTRE voyage, vient de commencer.

Nous quittons Singapour, nous nous souviendrons avoir cru être dans Avatar lors de notre visite des Gardens By The Bay

À trente ans passés, notre rêve un peu fou est devenu un projet. Et nous nous sommes donnés les moyens de le réaliser. Pour cela, nous avons fait la liste des « problèmes » qui pourraient nous empêcher de partir. Quelle surprise de voir qu’il y avait une solution évidente à chacun d’entre eux ! Vous savez ce qu’il y a de magique dans cette histoire, les loulous ? C’est que cela nous a conforté dans l’idée que nous serons capables de réaliser n’importe lequel de nos rêves, du moment que nous nous en donnerons les moyens !

Malaisie : zone de confort à l’épreuve

Chat à l'ombre sous une cabane en Malaisie

En Malaisie, nous sommes progressivement sortis de notre zone de confort. Une expérience qui s’avère indispensable dans ce genre de voyage, et que nous essayerons de pratiquer aussi souvent que possible dorénavant !

Il y a eu notamment les logements bon-marchés et pas très propres dans lesquels nous avons dormi pour réduire nos dépenses. Mais aussi des expériences insolites, comme cette nuit passée en pleine jungle du Taman Negara, où nous avons cuisiné au bord de la rivière en compagnie de cinq femmes issues d’une tribu aborigène appelée Batek.

Chanlin la mamie Batek qui pète le feu !

Mais c’est surtout en nous forçant à aller vers les autres, qu’ils soient locaux ou touristes comme nous, et en leur manifestant de l’intérêt, que nous avons fait les plus belles rencontres de notre voyage. Et si au final, sortir de sa zone de confort était aussi simple que de sourire à un inconnu ?

Les plus courageux pourront également essayer de faire la bise à Mamie Simone, mais attention ! Ça pique 🙂

Chine : découverte d’un autre monde

L'entrée de la forêt de pierres de Shilin, dans la province du Yunnan, en Chine

« La Chine, c’est grand, pollué et surpeuplé. Les campagnes sont très pauvres ! Les Chinois sont malpolis, ils bousculent et dépassent dans les files d’attente. Ils rotent et ils crachent. Ils mangent des oeufs centenaires qui sentent le pourri… » Voilà grosso-modo ce que nous avons lu ou entendu avant de partir. Autant vous dire qu’en arrivant en Chine, nous nous sommes vraiment demandés si nous allions en repartir indemnes…

Oui, la Chine est immense. Oui, les Chinois sont nombreux et leurs manières sont différentes des nôtres. Mais de notre atterrissage à Kunming jusqu’à notre départ de Beijing, nous avons été abordés, aidés, nourris, guidés par les Chinois, ravis et honorés de pouvoir échanger avec nous.

Au revoir la Chine et merci pour tout ! Tu nous as fait sentir si petits et tu nous auras émerveillés pendant un mois !

Si les entrées des parcs nationaux ressemblent à des guichets de parc d’attraction, la beauté de leurs paysages et la grandeur du patrimoine culturel chinois nous auront laissés bouche bée plus d’une fois. Et puis sincèrement les loulous, ils ont fait tout un foin de l’oeuf centenaire dans « Pékin Express », mais en France, certains de nos fromages n’ont rien à lui envier !

Depuis que nous avons quitté la Chine, nous sommes sûrs d’une chose : nous y retournerons 🙂

Mongolie : le voyage d’une vie

Nomade assis devant une yourte dans la steppe à Kharkhorin en Mongolie

La Mongolie, c’est un peu le pays des extrêmes. Des paysages grandioses à perte de vue, une capitale que l’on dit être la plus moche du monde, une météo très variable, un mode de vie nomade très « roots », une cuisine très « mouton » et des après-midis très « lait de jument fermenté ». Bref, un séjour très éprouvant, mais surtout très riche en émotions.

La mongolie, ça se mérite. Règle n°1: adopter le look de la steppeLa mongolie, ça se mérite. Règle n°2: surtout ne pas tomber au fond du trou...La mongolie, ça se mérite. Règle n°3: toujours accepter de goûter aux spécialités locales...

Et justement les loulous, nous avons ressenti un panel d’émotions très variées pendant notre mois en Mongolie. De la sensation de liberté infinie en sortant de la yourte chaque matin, à la joie presque enfantine de monter à cheval dans la steppe mongole ou à dos de chameau dans les dunes du désert de Gobi.

De la lassitude ressentie après avoir enchaîné les nuits blanches à cause du froid, des souris dans la yourte, des serpents ou des bruits étranges, à la profonde mélancolie de ce grand-père sur la photo, qui nous montra la steppe en murmurant « Genghis Khan… » comme un hommage à ce que le héros national accomplit des siècles auparavant. Ah il nous aura fait chialer ce con 🙂 Enfin la vodka devait aussi y être pour quelque chose !

Corée du Sud : retour à l’essentiel

Les délicieux beignets sucrés de Busan en Corée du Sud

En dehors de Séoul, la Corée du Sud nous a semblé un peu plus fade. Ne vous méprenez pas les loulous, nous avons aimé ce pays, ses habitants, sa culture et sa gastronomie délicieuse. Mais nous avons passé notre temps à y chercher quelque chose d’exceptionnel que nous n’avons pas trouvé.

À la frontière Nord-Coréenne, les touristes se prennent en selfie... Nous on préfère poser avec Mister Boulettes !

Peut-être parce que cela faisait plus de 3 mois que nous étions en Asie, ou encore parce que nous arrivions au pays « du matin calme » après un mois extrême en Mongolie. Quoiqu’il en soit, nous avons fait l’erreur de suivre un chemin touristique alors que nous n’arrivions plus à apprécier les visites et activités en tout genre.

Nous nous sommes alors isolés à Namwon, petite ville à priori sans intérêt, puisque nous n’y avons croisé aucun autre touriste. Nous en avons profité pour passer du temps avec les gérants de notre guesthouse, participer au festival de la ville et nous inscrire à des ateliers d’artisanat. Nous nous sommes aussi régalés avec les spécialités locales, comme cette soupe de poisson-chat pimentée ou ce riz au poulpe qui était, on peut vous le dire, une véritable tuerie.

À Namwon nous avons beaucoup appris sur l'artisanat Coréen !

La Corée nous a conforté dans notre idée que lors d’un voyage de plusieurs mois, on ne peut pas être tous les jours dans la contemplation devant merveilles touristiques et activités extrêmes. Alors que nous étions dépouillés de notre confort et de notre routine, nous avons réappris à profiter des choses simples et apprécier les points positifs de chaque expérience.

Australie, Sydney : l’instant présent

Vue sur Darling Harbour à Sydney en Australie

Bizarrement, l’Australie, terre promise des backpackers du monde entier, ne nous a jamais fait rêver. Mais nous allions quitter l’Asie pour l’Océanie, et c’était l’occasion de faire une halte de quelques jours à Sydney. Nous en avons profité pour rencontrer des amis expatriés, que nous n’avions pas vus depuis quelques années.

Nous ne l’avons pas dit à l’époque pour ne pas inquiéter Mamie Simone, mais nous sortions tous les deux d’une vilaine sinusite et nous étions très fatigués, à la limite de craquer. Cela nous a fait le plus grand bien de voir Romain, Jing et leurs filles, et de découvrir Sydney avec eux. Au final, cette ville nous a plu énormément et nous y retournerons volontiers 🙂

Beaucoup de voyageurs prônent l’adage du « vivre l’instant présent« . Et bien pendant ces quelques jours à Sydney, nous avons pris le temps de profiter de chaque instant, sans penser à celui d’après.

Nouvelle-Zélande : de surprise en surprise

Brouillard sur le parc National de Tongariro, en Nouvelle-Zélande

Si on peut planifier facilement 15 jours de vacances, il est impossible de prévoir ce que l’on fera chaque jour lors d’un long voyage. En Nouvelle-Zélande, nous n’avions par exemple pas prévu que nous allions être pris dans une tempête de neige à mi-chemin de notre trek dans le parc national du Tongariro. Sinon nous serions restés au chaud et aurions manqué cette journée inoubliable avec Noémi, Inès et Etienne.

En Nouvelle-Zélande la nature nous illumine de jour comme de nuit ! Ici avec la féérie des vers luisants :)

Le lendemain, éreintés, nous avions loué une chambre via AirBnb chez une famille très sympathique, à Masterton, au milieu de nulle part. Nous qui pensions nous reposer à la campagne, nous étions loin de nous douter qu’une grave inondation nous réveillerait tous en pleine nuit. Nos hôtes non plus, d’ailleurs 🙂

Nous nous sommes donc retrouvés à 6 heures du mat’  à déménager les pièces inondées, puis à préparer des crêpes tous ensemble pour le petit-déjeuner. Un imprévu peut créer des liens et conduire à des rencontres inoubliables ! Deux semaines plus tard, à Dunedin, la tante et l’oncle de cette famille nous accueillaient chez eux pour trois jours. Ils se sont occupés de nous comme si nous étions leurs propres enfants, sans rien attendre en retour.

Presque six mois plus tard, nous sommes toujours en contact. Nous venons de recevoir la preuve en photo qu’ils continuent de préparer des crêpes à la bretonne, en suivant scrupuleusement la recette de Mamie Simone que nous leur avions donnée !

Nouvelle-Calédonie : le paradis se fait attendre

Jardin de la tribu des Tiendanites à Hienghène en Nouvelle-Calédonie

Qui n’arriverait pas en Nouvelle-Calédonie avec la certitude de passer un séjour de rêve sur les plages de l’Île des Pins, »l’île la plus proche du paradis » ? Malheureusement, nous y avons passé les quatre premiers jours sous une pluie diluvienne. Celle qui rend le ciel gris et l’eau trouble. Celle qui vous réveille la nuit, lorsque vous dormez dans une tente légèrement trouée. Celle qui fait que vos serviettes et vêtements ne sèchent jamais…

C’est là que nous avons littéralement appris à danser sous la pluie plutôt que de déprimer. Nous nous sommes rapprochés de Loulou et Lélène, chez qui nous avions planté notre tente, et qui nous auront tant gâtés jusqu’à notre départ. Nous nous sommes aussi liés d’amitié avec Fadia, Thomas et Muriel, avec qui nous avons attendu le retour du beau temps. Et cela en valait vraiment la peine les loulous ! Parce que dès que le soleil brille, l’Île des Pins ressemble vraiment au paradis ! Et ses habitants, humbles et un brin timides, sont d’une grande gentillesse.

Faire du camping à l'île des Pins, c'est avoir une vue magnifique à chaque réveil

Nous n’oublierons jamais Bapt’, Céline et Evan, notre famille d’accueil en Calédo. Nous ne les connaissions pas en arrivant, mais il nous ont tout donné. Quelques jours plus tard, alors que nous séjournions en tribu Kanak près de Hienghène, nous avons voulu donner à notre tour, en aidant Charline à tondre la pelouse de son grand jardin. Notre façon à nous de perpétrer cette chaîne de partage et d’échange, sans rien attendre en retour 😉

Japon : la fin rêvée de notre voyage


Lever de soleil sur le mont Fuji le premier jour de l'année à Fujikawaguchiko au Japon

Nous voilà au Japon, le pays dont nous sommes amoureux depuis toujours. Nous avons voulu profiter autant que possible de ces cinq dernières semaines de voyage . Hors de question d’enchaîner les étapes et de nous déplacer chaque jour !

Nous avons écrit sur un papier ce que nous rêvions de faire au Japon. Comme par exemple « prendre une leçon de karaté », « voir le soleil se lever sur le Mont Fuji le premier jour de l’année » ou encore « apprendre des nouvelles recettes de cuisine japonaise ».Au musée Ghibli de Tokyo, des photos de Colmar prises par Hayao Miyazaki sont exposées

Nous avons ensuite repéré les endroits où nous avions le plus de chance de réaliser nos rêves et notre itinéraire s’est dessiné de lui-même. Nous sommes restés plusieurs jours à chacun de ces endroits pour donner leur chance au hasard et aux imprévus. Vous voyez, nous retenons les leçons de notre voyage 😉

C’est ainsi que nous avons réussi à vivre et à voir bien plus de choses en cinq semaines au Japon que ce que nous nous étions imaginé en rêve.
Le dernier jour du voyage arrivé, nous sommes rentrés heureux, avec la sensation d’avoir accompli ce que nous avions à vivre durant ces six mois.

De la fin d’un voyage… Vers le début d’un autre ?

Alors que notre voyage se finissait, nous avons décidé d’en entamer un autre ensemble. Ce nouveau voyage a commencé à Kyoto, comme par magie, comme pour concrétiser six mois d’une aventure extraordinaire. Il sera beaucoup plus long, sûrement plus difficile, mais encore plus beau.

Ce voyage, nous l’avons voulu, et nous savons où nous voulons qu’il nous mène, malgré les imprévus qu’il engendrera. Nous sommes certains qu’il nous amènera très souvent à sortir de notre zone de confort, et fera naître en nous des émotions que nous ne connaissons pas encore et qu’il faudra accepter.

Ce voyage, nous ne le ferons pas seuls, mais avec ce(tte) petit(e) loulou(te) qui est en train de grandir bien au chaud 🙂 Nous espérons que nous arriverons à lui transmettre ces leçons dont nous vous avons parlé : savoir apprécier les choses simples, mettre ses préjugés de côté, mais aussi se donner les moyens de réaliser ses rêves.

Et surtout aimer et partager, sans n’avoir aucune attente en retour.

Et si un jour il ou elle nous demande ce que c’est que le voyage, nous lui répondrons que ce n’est pas nécessairement de partir au bout du monde.

Mais qu’en partant découvrir le monde, c’est soi-même que l’on découvre… Et l’on apprend que la vie en elle-même est un voyage.

C’est Mamie Simone qui va être contente 😉

4 réponses »

  1. Pfff magnifique texte…
    Un super récit de votre voyage merci de nous faire partager votre expérience.
    Et beaucoup de bonheur pour cette voyage à venir…
    Bisous à vous deux

    • Merci Monia 🙂 On a encore tellement de choses à raconter, on est vraiment ravis de voir que cela vous plait de nous lire !
      Bises de nous deux et à bientôt 🙂

  2. 🎉🎉🎉🎉🎉❤️❤️ ca y est j ai lu jusqu’au bout ;-))) hâte de savoir la suite de votre voyage à 3 !!! Vous avez raison les loulous la vie est un long voyage …………. que du bonheur 😘😘😘😘

Laisser un commentaire