Une femme Batek plie des branchages pour construire un abri dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Rendez-vous en jungle inconnue !

Salut les loulous !

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Aujourd’hui on vous emmène dans la jungle du parc national Taman Negara en Malaisie ! Nous entamons la deuxième partie de notre mission de volontourisme avec Fuze Ecoteer. Après avoir vécu quelques jours tranquilles dans le village de Merapoh, il est temps de passer aux choses sérieuses. Nous allons partir à la rencontre de la tribu aborigène Batek qui vit dans les environs. Notre objectif est de camper ensemble, et pas n’importe où : dans l’une des forêts tropicales les plus vieilles du monde.

En pleine préparation pour la construction de notre abri dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Dans la jungle, le climat est chaud et très humide. Les conditions idéales sont réunies pour favoriser une rencontre plus qu’intime entre nos mollets tous blancs et les mignonnes petites sangsues qui peuplent les rivières. Les loulous, nous vous confions la mission de bien équiper Mamie Simone. N’oubliez pas de rentrer son pantalon dans ses chaussettes, de lui donner une grande bouteille d’eau, et de changer les piles de sa lampe frontale au cas où elle devrait se lever dans la nuit 🙂

Le peuple de la forêt tropicale

Les Batek font partie de ceux que l’on appelle « Orang Asli » en Malaisie, autrement dit les « Hommes des origines ». Ce peuple aborigène vit dans la forêt tropicale du Taman Negara. Chasseurs-cueilleurs et nomades, ils ont une connaissance impressionnante de la jungle, de ses animaux, mais aussi de ses plantes dont ils se servent pour la cuisine ou encore la médecine. Et même à des fins un peu plus insolites, et que nous étions loin d’imaginer comme le maquillage, l’artisanat et la fabrication d’instruments de musique 🙂

Ka Ching, femme Batek en pleine cueillette dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Les Batek sont pacifiques, et un ensemble de règles définit leur société. Ils rejettent notamment toute notion de droit à la propriété de la terre, ce qui nuit malheureusement à la préservation de leur mode de vie nomade et de leurs traditions. Il y a une vingtaine d’années, le gouvernement malaisien a décidé de donner à chacun d’entre eux une identité légale, leur ouvrant la porte au mariage ou encore à l’éducation.

Peu à peu sédentarisés dans des villages de pierre, les Batek se sont retrouvés dans un monde dont les règles, les droits et les devoirs ne sont pas vraiment les leurs.

Les maisons et bâtiments du village officiel des Batek à l'extérieur du Taman Negara en Malaisie L'école du village officiel des Batek, à l'extérieur du Taman Negara en Malaisie

Le projet de Fuze Ecoteer

Fuze Ecoteer a établi de bonnes relations avec la tribu. L’équipe basée à Merapoh est en charge de différents projets ayant pour objectif de faciliter l’intégration de la communauté Batek dans les villages alentours.

Par exemple, en les aidant à trouver du travail dans les exploitations locales, ou en donnant des cours d’anglais ou de mathématiques aux enfants dans l’unique classe du village. Mais aussi en faisant participer des touristes volontaires dans divers ateliers d’échange culturel. C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés dans notre pick-up, à la recherche de la tribu qui a subitement décidé de retourner vivre dans la forêt.

L'équipe de Fuze Ecoteer traversant la rivière avec Empeng, femme Batek, dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Lizzie, notre intermédiaire, a réussi à retrouver leur camp dans la forêt deux jours auparavant et le chef de la tribu lui a promis que les Batek ne se déplaceraient pas pendant « quelques temps ». Seulement les Batek n’ont pas la même notion du temps que nous, et Lizzie redoute désormais qu’ils ne se soient enfoncés plus loin dans le Taman Negara.

Rendez-vous en jungle inconnue

Il faut croire que la chance a joué en notre faveur les loulous ! Dire qu’on a failli arrêter l’article ici 🙂 Alors que nous marchons dans la forêt en direction du supposé camp, nous commençons à entendre des voix, des rires, des chants. Puis nous voyons des habits en train de sécher, étendus aux branches des arbres. Ainsi que des scooters ! Et oui, les plus jeunes Batek sont influencés par la société moderne et adorent faire l’aller-retour jusqu’à leur village officiel sur leurs deux-roues. Lorsque nous arrivons enfin au camp, toute la tribu est là !

Première surprise, les Batek sont très timides devant les étrangers. Si Atan, le chef, nous accueille avec le sourire et une poignée de main, le reste de la tribu semble ne pas oser nous regarder. Les jeunes se regroupent au fond, nous observent, parlent entre eux, sourient et nous font coucou de la main. Ce ne sera que lorsque nous quitteront le camp qu’ils oseront enfin nous lancer des « Hello! » plus téméraires 🙂

Avec la belle Empeng, membre de la tribu Batek dans le camp de la tribu à l'entrée du Taman Negara en Malaisie

Nous repartons donc une fois que Lizzie a obtenu l’accord de Chan Lin, l’aînée de la tribu : cinq femmes Batek nous escorterons dans la jungle du Taman Negara, leur « jardin », le lendemain. Elles nous montreront comment construire un campement traditionnel et comment utiliser les différentes plantes et arbres de la forêt. Mais avant de partir, nous ne manquerons pas de géolocaliser le campement avec une balise GPS afin de retrouver le chemin rapidement le jour suivant !

Coquette comme une Batek

Au petit matin, notre groupe retrouve Chan Lin accompagnée de Kachong, Empeng, Kejai et Salina. Les quatre premières auraient presque l’âge de prendre un thé avec Mamie Simone, et la dernière semble largement être leur cadette. Les plus anciens Batek ne connaissent pas vraiment leur âge, mais Chan Lin sait qu’elle est l’aînée « parce qu’elle était là avant les autres ».

Nos cinq guides se sont apprêtées pour notre rencontre et portent des bijoux végétaux magnifiques dans les cheveux et aux oreilles. Et les Batek n’ont pas fini de nous surprendre ! Alors que nous nous enfonçons dans la forêt tropicale, Aïn, l’anthropologue malaisienne qui nous accompagne, nous traduit leurs conversations.

Chan Lin, femme Batek en train de couper des feuilles à la machette dans la jungle du Taman Negara en Malaisie Bijou végétal batek dans les cheveux de la belle Kejai dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Elles sont littéralement en train de se chamailler, n’arrivant pas à se mettre d’accord sur l’endroit où nous allons dormir. Si certaines veulent camper au bord de la rivière pour pêcher et prendre un bon bain, les autres ont peur que nous mourrions tous dans notre sommeil, écrasés par les arbres que la pluie pourrait abattre ! On aurait préféré ne pas avoir la traduction :p

En train de rincer les feuilles qui nous serviront d'assiettes au bord d'une rivière du Taman Negara en Malaisie Les ingrédients de notre dîner dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Les loulous, essayez d’imaginer la scène : nous, trempés par la sueur et l’humidité de la jungle, nos gros sacs sur le dos, manquant de glisser par endroits sur les roches humides… Et juste devant, ces cinq femmes qui nous escortent pieds nus et machette à la main, cueillant au passage diverses plantes et branches, et se disputant pour savoir où elles vont établir le campement ! 😀 Une heure plus tard, nos guides sont enfin tombées d’accord ! Question de priorités, nous dormirons au bord de la rivière. Quitte à mourir, autant avoir pris un bon bain avant 🙂

En train de construire l'abri dans la jungle du Taman Negara en Malaisie en compagnie d'Empeng, femme Batek Notre abri pour la nuit dans la jungle du Taman Negara en Malaisie, vue de dessous

Durant toute la journée, les Batek vont nous initier à la cueillette et à l’utilisation des plantes : des longues feuilles de palmier que nous utiliserons pour construire notre abri, aux bambous qui serviront à fabriquer des peignes ou dans lesquels nous cuirons notre dîner à l’étouffée, sur le feu allumé par Chan Lin. Sans oublier les lianes, qui serviront à fabriquer des paniers pour transporter des herbes médicinales au village.

L'un des noeuds végétaux soutenant notre abri dans la jungle du Taman Negara en Malaisie Noeud végétal dans notre campement dans la jungle du Taman Negara en Malaisie Notre abri pour la nuit, dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Force est de constater que les Batek, à des années-lumières de notre culture, sont toutes aussi coquettes que les femmes de notre société. Elles ont même pensé à amener des robes de rechange après leur bain du soir dans la rivière. Et le lendemain matin, avant de retourner au camp, elles montreront à Solenne comment se maquiller avec les racines de la forêt. On vous l’accorde, chez nous, ça ferait peut-être un peu jaunisse… Mais à cet instant précis, dans cet endroit improbable, elles étaient toutes vraiment très belles.

Session de maquillage avec les Batek au petit matin, dans la jungle du Taman Negara en Malaisie Maquillée comme une Batek dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Quelques chiffres…

10 euros : les trois peignes fabriqués dans de l’écorce de bambou et décorés à la main par nos amies Batek. Rien de mieux qu’un bijou végétal pour impressionner vos amis bobos lors d’une soirée vegan 😉

DES MILLIERS : de souvenirs que nous garderont de cette aventure avec les Batek, en espérant fort qu’ils continueront de retourner dans leur beau jardin qu’est la jungle du Taman Negara

L’anecdote

Beaucoup d’entre vous nous ont demandé si nous avions eu peur de passer la nuit dans cette forêt tropicale peuplée de tigres, de serpents ou autres araignées. Pour être honnêtes avec vous, nous avons surtout vu des fourmis et des mouches, et entendu des singes nous taquiner du haut des arbres. Il semblerait que la plupart des animaux soient effrayés par l’homme, cet être si bruyant et malodorant 🙂

Du moment où nous sommes entrés dans la jungle, jusqu’à ce que nous en ressortions le lendemain, nous nous sommes sentis en sécurité totale en compagnie des Batek. Nous avons eu l’impression d’être des enfants accompagnés de leurs grands-parents pour une promenade dans les bois.

Les Batek croient aux déités et aux esprits de la forêt qu’ils craignent et respectent, tout comme les animaux qui y vivent. Ces petits bouts de femmes, capables de construire un abri à partir de feuilles, d’allumer un feu, ou de pêcher en pleine nuit avec des cannes improvisées, dégainaient leur lampe torche en direction du moindre bruit suspect !

Après le dîner, Chan Lin fabriqua une guitare végétale dont elle tressa les cordes à partir de la fibre de grandes feuilles ! Malgré leurs peurs, les Batek se sont relayées toute la nuit pour surveiller le feu et notre camp, chantant dans une langue oubliée sur des airs qui nous étaient inconnus, accompagnées du brouhaha incessant de la jungle. Ce fut la plus belle des berceuses qui nous ait endormis. Celle de la forêt, celle qui on l’espère, ne s’arrêtera jamais.

Empeng, femme Batek traverse une rivière dans la jungle du Taman Negara en Malaisie

Palette de l'artiste dans le parc de Wai-o-Tapu à Rotorua en Nouvelle-Zélande

Les mystères géothermiques de Rotorua

Salut les loulous !

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Aujourd’hui, on vous emmène sur l’Île du Nord de la Nouvelle-Zélande, dans la région de Rotorua dont l’activité géothermique intense attire de nombreux visiteurs. Mais rassurez Mamie Simone ! En Nouvelle-Zélande, il y a très peu de dangers : on peut découvrir et s’émerveiller devant des bains de boues bouillonnants, des lacs d’acide multicolores et des geysers en éruption en toute sécurité dans le parc de Wai-O-Tapu !

En ce qui nous concerne, nous sommes vraiment fascinés par le contraste entre la flore, magnifique et sortie tout droit de Jurassic Park avec ces fougères et ces séquoias immenses et la terre, torturée et menaçante, qui nous rappelle qu’elle pourrait se mettre en colère à tout instant.

Et pour nous reposer après toutes ces émotions, nous en profitons pour faire un joli pied-de-nez à la géothermie puisque nous partons nous détendre dans les sources thermales de Waiteke, plus éloignées et moins fréquentées que le Polynesian Spa de Rotorua 😉

Phare en haut de la falaise à Watsons Bay, Sydney, Australie

Villes d’Océanie : de Sydney à Auckland

Salut les loulous !

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Aujourd’hui, on vous emmène entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Après plusieurs mois en Asie, nous arrivons en Océanie, avec une escale à Sydney. Nous allons profiter de quelques jours pour découvrir cette ville que nous ne connaissons pas, de son centre jusqu’aux plages de Bondi et Coogee, en passant par notre coup de coeur la baie de Watson, ou Watson’s Bay comme le disent nos amis anglophones ! Les paysages sont sublimes et nous avons l’impression d’être au bout du monde. Sydney deviendra même l’un des coups de coeur de notre voyage.

Nous rejoignons ensuite la Nouvelle-Zélande pour un road trip d’un mois et nous commençons notre périple à Auckland, entre gratte-ciels, moutons et parcs sublimes. Après avoir récupéré notre carrosse, nous mettons les voiles et partons à la découverte du pays des Maori ! Que Mamie Simone attache bien sa ceinture, parce qu’il va y avoir de la route 😀

 

Van russe parcourant la steppe en Mongolie

Mongolie : Le voyage d’une vie !

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Aujourd’hui on vous emmène en Mongolie, et nous allons partir pour un road trip de 12 jours avec nos amies Karen et Julia ainsi que Dorj, notre guide à toute épreuve. Ensemble, nous allons partir d’Oulan-Bator pour rejoindre le fameux désert de Gobi au sud du  pays. Ce voyage, durant lequel nous dormirons uniquement dans des yourtes chez les nomades et nous ne nous laverons que deux fois, nous permettra de découvrir des endroits reculés de la steppe et du désert.

Nous nous émerveillerons devant des paysages grandioses et différents chaque jour, montant à cheval dans la steppe aux alentours de la cascade d’Orkhon, ou à dos de chameau dans les dunes de sable de Khongoryn Els.

Ce voyage éprouvant et émouvant nous aura permis de nous imprégner toujours plus du mode de vie nomade et des coutumes mongoles. Il nous marquera à jamais à tel point que nous l’avons appelé le voyage d’une vie.

Yourtes de nomades dans la steppe près de Kharkhorin en Mongolie

Le bonheur est dans la steppe !

Salut les loulous !

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Aujourd’hui on vous emmène en Mongolie, dans la grande steppe aux alentours de Kharkhorin. Nous avons eu la chance de réaliser l’un de nos rêves les plus fous, une expérience inoubliable : nous avons vécu avec les nomades mongols, seuls, sans guide ou traducteur. Nous avons passé une semaine à nous imprégner de leur mode de vie traditionnel et rude.

Chaque jour, nous les avons aidés du mieux que nous pouvions dans leurs tâches, de la traite des vaches au petit matin, jusqu’au rassemblement des troupeaux au crépuscule. Et après avoir vécu comme des nomades, mangé du mouton, bu de l’airag et de la vodka, dansé et travaillé comme eux et avec eux, nous pouvons témoigner que malgré la difficulté de cette vie authentique et oubliée par les citadins que nous sommes, le bonheur est vraiment dans la steppe !

Une femme d'une minorité ethnique vêtue de sa tenue traditionnelle dans une rue de Lijiang dans le Yunnan en Chine

Les villes historiques de Dali et Lijiang

Salut les loulous !

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Aujourd’hui on vous emmène au fin fond de la province du Yunnan en Chine. Nous allons visiter ensemble les villages historiques de Dali et Lijiang ainsi que leurs alentours. On va en prendre plein les yeux avec de belles pagodes, le lac Erhai ou encore le Black Dragon Pool. Mais surtout, ce sera l’occasion de découvrir le mode de vie et l’artisanat des minorités ethniques locales comme les Yi, les Bai ou les Naxi.
Et alors que nous quittons le Yunnan la tête pleine de souvenirs, nous vous montrons également son visage moderne alors que nous sommes en route vers la gare pour de nouvelles aventures !

Hommes âgés Toraja lors d'une cérémonie funéraire

Choc culturel à Tana Toraja

Salut les loulous !

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Aujourd’hui on vous emmène en Indonésie sur l’île de Sulawesi. Anciennement appelée Célèbes, cette île est principalement connue pour ses plages paradisiaques au Nord, mais également pour ses ethnies. Les Toraja vivent dans une région montagneuse du Sud de l’île, à une dizaine d’heures de route de l’aéroport de Makassar.

Nous nous sommes installés pour quelques jours à Rantepao, la capitale du « Pays Toraja » ou Tana Toraja dans la langue locale. Nous avons décidé de louer des scooters et visiter en long, en large et en travers ces lieux connus pour leurs spécificités culturelles.

Après une première journée intense, nous faisons une pause dans un petit hameau. C’est alors que Markus se présente à nous. Il est Toraja et guide local indépendant. D’habitude, nous aurions coupé net la conversation, mais l’homme a l’air sympathique et inspire la confiance. Il nous propose de passer dans son bureau en ville le soir, si nous voulons assister à une cérémonie funéraire Toraja le lendemain. Il est donc possible de se mêler à une famille en deuil alors que nous sommes de parfaits étrangers et tout le monde trouvera cela normal ?

Cercueil Toraja lors d'une cérémonie funéraire

Dans son petit bureau, Markus nous explique le déroulement de la journée et distille les informations. Le coût de la prestation s’annonce dérisoire, les explications du guide sont riches et détaillées. Nous acceptons donc de le retrouver le lendemain au même endroit.

Il nous conseille de nous vêtir de noir ou de couleurs neutres par respect, et nous demande un petit extra afin d’acheter un cadeau pour la famille. Des cigarettes aux clous de girofles. Les Toraja en raffolent. Nous nous demandons encore comment ils font pour ne pas vomir. Dernier détail, et non des moindres : nous serons invités pour le repas. Markus promet une grande fête et beaucoup de buffles sacrifiés qui nourriront les nombreux invités.

Buffle sur le point d'être sacrifié lors d'une cérémonie funéraire Toraja
Nous retrouvons Markus à 6 du mat’. Après une bonne heure de scooter dans les montagnes nous arrivons dans un village. Notre guide n’avait pas menti, des centaines de personnes sont présentes. Certaines viennent avec des buffles qui vont être sacrifiés en hommage au défunt. Nous sommes les seuls étrangers, nous nous sentons vraiment petits. Que faisons-nous là ?

La fille et le fils du défunt viennent à notre rencontre, souriants, et nous souhaitent la bienvenue. Nous leur offrons le fameux cadeau, et ils nous demandent de venir nous installer car la cérémonie va commencer. Ou plutôt reprendre, car elle s’étale en général sur plusieurs jours. Nous en sommes au deuxième, sans doute le plus éprouvant puisque le plus grand sacrifice d’animaux aura lieu aujourd’hui.

Hommes âgés Toraja lors d'une cérémonie funéraire
Les invités sont rassemblés dans des gradins construits autour de la place du village. Chaque gradin est numéroté afin que les vivants soient placés en fonction de leur proximité avec le défunt. On nous apporte café, thé et biscuits et chaque interlocuteur est vraiment accueillant.

Sur la place se trouvent un caméraman et un présentateur muni d’un micro. Ce dernier sera en charge d’animer la cérémonie. Quant au caméraman, il filmera le tout afin que les futures générations puissent hériter d’un souvenir de leur aïeul, et ainsi se rappeler qu’ils appartiennent à une grande et riche famille.

Markus nous explique que plus une personne était riche et puissante de son vivant, plus on sacrifiera de buffles. Les Toraja pensent qu’ils accompagneront ainsi le mort dans l’au-delà et qu’il y occupera alors un rang important. La personne que l’on enterre aujourd’hui était un fortuné professeur d’université, et pas moins de seize buffles l’accompagneront pour son dernier voyage.

Buffle sur le point d'être sacrifié lors d'une cérémonie funéraire Toraja
Alors que le sacrifice va commencer, la tension est palpable. Nous sommes vraiment stressés. Dans notre monde occidental, confortable et aseptisé, nous ne sommes pas exposés ainsi à la mort, qu’il s’agisse d’un être humain ou d’un animal. Nous ne réfléchissons que trop rarement à l’origine du steak qui se trouve dans notre assiette. Le « spectacle » est difficilement supportable.

Le speaker décide de l’ordre dans lequel les buffles vont être égorgés, du plus excité au plus calme. Les jeunes hommes en charge sont des professionnels qui seront rémunérés avec la peau ou la viande des bovins. Nous avons l’impression d’être les témoins d’un carnage en public. Nous détournons le regard. Eprouvés, nous décidons de nous absenter du village quelques heures, le temps de nous changer les idées.

Famille Toraja lors d'une cérémonie funéraire
Nous revenons au village deux heures plus tard en compagnie d’un Markus qui se lèche déjà les babines. Nous n’avons vraiment pas faim mais nous n’y échapperons pas. La famille nous invite dans leurs gradins pour partager le repas avec eux. On nous sert un plat copieux à base de riz, d’épinards sauvages, de piments et… de foie de buffle frais ! Ce n’est pas mauvais, mais nos estomacs sont toujours retournés. Le speaker s’est mué en animateur pour la suite, alors qu’il offre à chaque gradin des pièces de viandes différentes, toujours en fonction de la proximité des gens avec le défunt.

La fille de celui-ci nous demande de prendre le cercueil en photo. Son père adorait voyager et pour elle ce serait une façon de l’emmener en Europe avec nous. La famille entière, des anciens aux enfants, échange avec nous sourires complices et quelques mots que Markus nous traduit. Nous sommes mêmes invités à aux funérailles de l’épouse du défunt, qui auront lieu l’année suivante.

Le temps pour eux d’organiser une nouvelle cérémonie et de réunir l’argent nécessaire. Ce qui veut dire qu’en attendant, le corps sera conservé dans la maison familiale. Nous n’aurons pas l’occasion de revenir, et puis nous, on aime bien les grands-mères bien vivantes et ferventes lectrices de notre blog ! Comme Mamie Simone !

Enfants d'un village Toraja lors d'une cérémonie funéraire

Malgré la différence et le choc des cultures, et en ce jour si particulier pour eux, nous avons été accueillis comme des rois par les Toraja. Rien ne les y obligeait, pas même les cigarettes offertes à notre arrivée. Il y a tant de souvenirs et de choses à dire sur ce peuple intriguant et fascinant, que nous lui consacrerons un nouvel article très bientôt.

En attendant, nous prenons congé de nos hôtes, alors que la cérémonie bat son plein. Nous voulons leur laisser l’intimité de l’instant où ils accompagneront leur proche vers sa dernière maison, alors que les cornes des buffles sacrifiés, symbole de sa richesse terrestre, seront empilées tel un totem devant celle où il résidait de son vivant.

Danse de bienvenue des Masaai

Interview exclusive d’un Maasaï

Salut les loulous !

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Aujourd’hui on vous emmène en Afrique, en Tanzanie, chez les Maasaï. Nous avons rencontré ce peuple d’éleveurs et guerriers semi-nomades qui aura sans doute déjà fait rêver bon nombre d’entre vous au travers de divers reportages ou articles.

Si ce n’est pas le cas, nous vous invitons à lire la page Wikipedia qui leur est dédiée. Elle vous expliquera bien mieux que nous tout ce que vous devez savoir à leur sujet et bien plus encore…

Vous vous demandez sûrement comment nous avons fait pour aller à leur rencontre. En fait, ce n’est pas si compliqué que ça. Le pays Maasaï s’étend entre le sud du Kenya et la région d’Arusha au Nord de la Tanzanie. Sur la route qui vous mènera aux grands parcs nationaux, vous allez forcément en rencontrer !

A peine la ville quittée, vous apercevrez les huttes des premiers villages. Vous en apercevrez même certains attablés à des terrasses en train de siroter un soda bien frais !


Danse de bienvenue des MasaaiNous avons choisi de visiter un village à l’entrée du cratère du Ngorongoro. Imaginez quelques huttes organisées de façon circulaire autour d’une place centrale et protégées des animaux sauvages par une palissade en bois.

Tout autour, une zone désertique gigantesque dessinant les contours du cratère et peuplée d’acacias dont quelques girafes peu farouches viennent brouter les feuilles. Le ciel est bleu et le soleil de plomb. Votre jeep quitte la route principale et rejoint l’entrée du village par une piste de sable.

Danse Masaai devant le Ngorongoro

La visite de n’importe quel village Masaaï en Tanzanie coûtera la somme de 50 USD par véhicule visitant. C’est une règle mise en place par le gouvernement pour mettre fin à l’éternel problème du touriste qui débarque dans le village, se croit chez lui et prend les gens en photos sans leur demander la permission. Et qui finalement se plaint d’être remercié par jets de pierres et autres politesses.

La place centrale sert également de boutique en plein air : chaque famille y expose et vend ses ouvrages. Vous serez sollicités pour acheter un collier ou un bracelet à perles. Le prix sera plus élevé qu’à l’aéroport, mais l’argent ira directement à la famille.

Danse des femmes Masaai

Et puis, cela fera un beau souvenir à ramener à Mamie Simone. Elle, qui rêverait d’explorer ces contrées reculées en compagnie de Frédéric Lopez, le temps d’un épisode de « Rendez-vous en terre inconnue ».

Dans tous les cas, ne soyez pas comme ces touristes qui se croient à Disneyland, prennent quelques photos et s’en vont sans avoir pris la peine d’échanger avec leurs hôtes…

masaai-femmes-danse

Face à nous, ils dansent tous ensemble, dessinant de large cercles devant l’imposante silhouette du cratère. Nous sommes ensuite invités à nous rendre à l’intérieur du village pour une deuxième danse, sorte de combat à distance entre les hommes et les femmes alignées face à ceux-ci.Nous avons été accueillis par Porka, l’un des fils du chef de la tribu, souriant et à l’aube de la trentaine. Il nous a expliqué que les villageois allaient nous accueillir avec une danse de bienvenue à l’extérieur du village : les hommes chantent accompagnés par le son d’une corne.

Danse des hommes Masaai

Cette fois, ce sont elles qui chantent en agitant frénétiquement leurs épaules afin de faire bouger et tinter leurs colliers en rythme. Les hommes, de leur côté forment un demi-cercle. S’ensuit une compétition où tour à tour l’un d’entre eux se place au milieu des autres et saute sur place le plus haut possible suivant le rythme imposé par le chant des femmes.

Porka nous propose alors de visiter l’intérieur de l’une des huttes et de nous en dire un peu plus sur le mode de vie des Masaaï. Nous ne pouvons lui refuser un tel honneur ! Mieux encore, nous lui proposons de filmer la conversation et de la partager avec vous, les loulous.

Pour conclure la visite du village, Porka nous emmène dans l’école où nous surprenons les élèves en pleine leçon. Il s’agit d’une classe mixte regroupant les enfants du village. Au tableau noir, les nombres sont écrits en anglais et en swahili. D’autres mots, comme les noms des animaux de la savane, sont écrits en swahili uniquement.

L’un des enfants, baguette d’acacia en main, impressionne la maîtresse en pointant et lisant chaque mot, répété en chœur par l’ensemble de la classe. Les enfants sont extrêmement accueillants et ne veulent plus nous laisser partir !

Elèves dans une école Masaai
La légende voudra que la marque ait été faite il y a une quinzaine d’années. Afin de reconnaître celui qui, après avoir été circoncis puis tué le lion de ses mains, revint au village en héros et surtout en adulte prêt à se marier et fonder sa famille.

Finalement, Porka nous ramène vers notre voiture, toujours aussi souriant. En chemin, il se confie un peu à nous, occidentaux de son âge. Il nous montre fièrement sa machette, très tranchante, et le poinçon sur son bras.

Elève au tableau d'une école Masaai

Des femmes, il en veut moins que son père, quatre de préférence. Son frère, lui, a quitté ce mode de vie semi-nomade et s’est mis en couple avec une européenne. Lorsqu’ils reviennent au pays, Porka aime profiter et sortir avec eux comme tout jeune homme de notre âge.

Notre jeep démarre et s’éloigne du village qui disparait dans un nuage de poussière. Nous n’oublierons jamais notre rencontre avec ce guerrier moderne, qui aime sa tribu et ses traditions, mais qui parle anglais couramment et sait parfaitement prendre des photos avec un smartphone dernier cri.